Le Cabinet d’avocat PIASECKI, intervenant en droit public, droit immobilier, urbanisme et commande publique, vous présente un éclairage professionnel sur la récente décision du Conseil d’État du 30 juin 2025. Ce revirement jurisprudentiel clarifie le point de départ du délai de recours contentieux, renforçant significativement la sécurité juridique des justiciables.
Dans l’affaire Mme B. A. c/ Commune de Rieumes, les requérants contestaient :
La révision allégée du PLU approuvée le 11 septembre 2018.
La signature d’un bail emphytéotique en avril 2019.
La révision d’un bail emphytéotique en juin 2016.
Suite au rejet par le Tribunal administratif de Toulouse (février 2022) et la Cour administrative d’appel (mars 2024), Mme A. a saisi le Conseil d’État. Celui-ci, par arrêt du 30 juin 2025, a annulé l'arrêt d’appel, marquant un important revirement jurisprudentiel.
Recours contentieux : la date d’expédition postale fixait le point de départ du délai, conformément à un arrêt du Conseil d’État du 13 mai 2024 .
Recours administratif préalable obligatoire (RAPO) : principe similaire validé dès 2005 (arrêt Virginie X) .
Recours gracieux/non obligatoire : seule la date de réception par l’administration était retenue, engendrant un flou et une insécurité juridique .
La jurisprudence divergeait selon que le recours administratif préalable était obligatoire ou facultatif, induisant des situations incohérentes pour les justiciables.
Le Conseil d’État opère un tournant en affirmant que, sauf exception, c’est la date d’envoi, matérialisée par le cachet de la poste, qui s’applique tant aux recours gracieux ou hiérarchiques qu’aux recours contentieux .
La jurisprudence de la Cour administrative d’appel de Douai (7 juin 2024) avait déjà anticipé cette évolution .
Cette rationalisation marque l’harmonisation des pratiques, protégeant davantage les justiciables.
Le cachet postal suffit pour prouver la validité du recours, supprimant les incertitudes liées aux délais de réception.
Les justiciables peuvent se prévaloir de cette preuve pour établir la recevabilité.
Juridictions et administrations doivent désormais prendre en compte la date d’envoi pour évaluer les délais.
Le critère de réception n’est plus pertinent pour juger de la conservation du délai.
Dossiers rejetés pour tardiveté fondée sur la réception pourraient être réexaminés si l’envoi avait été effectué dans les délais.
D’où une possible réouverture de procédures antérieures.
Production tardive de pièces : le juge peut rouvrir l’instruction, mais ce n’est pas une irrégularité si ces pièces n’auraient pas influencé la décision.
Validité des baux emphytéotiques en zones protégées : le Conseil d’État réaffirme la compétence souverainedes juges du fond.
Ce revirement jurisprudentiel du 30 juin 2025 constitue un tournant majeur dans le droit du contentieux administratif en consacrant la date d’expédition comme point de départ unique des délais, même pour les recours administratifs préalables. Il renforce la prévisibilité juridique, sécurise la procédure de recours et peut rouvrir certains dossiers anciens.
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