Une mise en demeure, plusieurs relances, des frais de dossier : lorsqu'un copropriétaire ne règle plus ses charges, sa dette peut rapidement augmenter. Pour autant, toutes les sommes inscrites sur son compte ne deviennent pas automatiquement exigibles. Il faut distinguer les charges elles-mêmes, les frais nécessaires à leur recouvrement et les dépenses liées à une procédure judiciaire.
Les charges de copropriété impayées appellent ainsi une double vérification : la créance du syndicat est-elle établie et chaque frais supplémentaire est-il justifié ? Cette distinction protège aussi bien la trésorerie de l'immeuble que les droits du copropriétaire concerné.
Un solde débiteur ne suffit pas, à lui seul, à rendre lisible l'origine de la dette. Les sommes réclamées doivent pouvoir être rapprochées des décisions d'assemblée générale, des appels de fonds, des comptes et des règlements déjà effectués.
Le travail consiste notamment à identifier la période concernée, la nature des provisions et la répartition appliquée au lot. Il faut également isoler les frais ajoutés au compte pour éviter de les présenter comme des charges ordinaires.
Pour préparer un recouvrement ou examiner une contestation, le Cabinet d'Avocat PIASECKI vérifie cette cohérence documentaire. Une demande détaillée permet de comprendre ce qui reste dû et de circonscrire les désaccords.
L'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 permet d'imputer au seul copropriétaire concerné certains frais nécessaires au recouvrement d'une créance justifiée, à compter de la mise en demeure. Le texte vise notamment les démarches de mise en demeure et de relance.
Cette possibilité ne dispense pas de démontrer l'utilité des diligences réalisées. Une ligne intitulée « frais de dossier » ou « relance » ne suffit pas à expliquer la prestation, sa date et son lien avec le recouvrement.
Il convient donc de réunir le courrier correspondant, sa preuve d'envoi lorsqu'elle est pertinente, le détail de la prestation et les éléments permettant de comprendre son montant. La répétition de courriers identiques doit également pouvoir être expliquée : leur multiplication ne démontre pas, par elle-même, leur nécessité.
Dans l'affaire ayant donné lieu à l'arrêt du 3 septembre 2026, n° 24-19.906, les juges ont distingué les charges et provisions impayées des frais accessoires. Ont été retenus, dans les circonstances de ce dossier, les frais de deux mises en demeure, d'une lettre de rappel et de constitution du dossier transmis à l'avocat.
L'enseignement pratique est précis : le caractère nécessaire et justifié des frais doit être établi. La solution rapportée concerne les frais préalables à l'action judiciaire ; elle ne permet pas d'ajouter indistinctement à la dette toutes les dépenses d'un contentieux.
Il ne faut pas davantage en déduire un barème ou un nombre de relances automatiquement admis. Ce sont les pièces et les diligences propres à chaque situation qui permettent d'apprécier la demande.
Les honoraires engagés pour une procédure et les dépens obéissent à des règles propres. Leur prise en charge ne se confond pas avec l'imputation des frais nécessaires au titre de l'article 10-1.
En particulier, l'indemnité sollicitée sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile dépend de l'appréciation du juge. Elle ne garantit pas le remboursement intégral des dépenses engagées.
Le Cabinet d'Avocat PIASECKI examine donc séparément les différents postes. Cette présentation permet de soutenir une demande compréhensible, tout en évitant de solliciter deux fois la prise en charge d'une même diligence sous des intitulés différents.
Prenons un exemple fictif.
Un copropriétaire reçoit un relevé comprenant 2 400 euros de provisions et 480 euros de frais divers. Il reconnaît les provisions, mais ne dispose d'aucune explication sur les frais.
Le bon réflexe consiste à demander les justificatifs et à identifier précisément les sommes contestées. Le désaccord sur les frais n'efface pas les charges justifiées. De son côté, le syndicat a intérêt à produire un décompte séparant clairement le principal et chaque diligence de recouvrement.
Une proposition d'échéancier peut être discutée selon la situation. Elle doit préciser les montants et les échéances convenus, sans laisser d'incertitude sur le traitement des appels de fonds à venir.
Avant d'engager ou de contester un recouvrement de charges de copropriété impayées, rassemblez le relevé individuel, les appels de fonds, les procès-verbaux utiles, les justificatifs de paiement et les courriers de relance. Un tableau distinguant chaque poste, sa date et sa pièce justificative facilite l'examen du dossier.
Vous êtes confronté à des charges de copropriété impayées ou à des frais dont l'imputation vous paraît discutable ?
Le Cabinet d'Avocat PIASECKI vous accompagne pour analyser les sommes réclamées, examiner les justificatifs et déterminer les démarches adaptées à votre situation.